
Face à l’incertitude des financements internationaux, le Fonds national de lutte contre le Sida (FNLS) passe à l’offensive. La directrice générale, Flore Nathalie Sokouri, a annoncé ce jeudi à Abidjan un objectif ambitieux de mobilisation de 30 milliards FCFA d’ici 2029, tout en lançant un partenariat stratégique avec les médias.
La lutte contre le VIH en Côte d’Ivoire entre dans une phase critique de transition. Lors du lancement officiel de son « pool média » ce jeudi 30 avril 2026, à Abidjan, le FNLS a clairement affiché sa nouvelle feuille de route : l’autosuffisance financière.
Si la Côte d’Ivoire a réalisé des progrès spectaculaires, faisant chuter la prévalence de 4 % en 2010 à 1,5 % en 2025, ces acquis sont aujourd’hui menacés par le désengagement progressif des partenaires extérieurs. L’un des défis est l’urgence de la mobilisation domestique.
« Avec le retrait progressif des bailleurs de fonds, il faut que nous nous préparions au déficit de financement pour ne pas fragiliser la lutte », a martelé Flore Nathalie Sokouri. Pour sécuriser les actions de prévention et de prise en charge sur les trois prochaines années, le fonds cible un montant de 30 milliards FCFA issu exclusivement des ressources nationales.
Actuellement, le budget du FNLS repose sur trois piliers principaux, notamment la subvention de l’État, la taxe sur le tabac et les gestes de solidarité via la vente de timbres (de 100 FCFA et plus) dans les préfectures. En 2025, cet élan de solidarité a permis de récolter 30 millions FCFA.
Toutefois, pour atteindre l’objectif des 30 milliards, le FNLS mise sur une accélération de la « mobilisation domestique ». Pour ce faire, les médias constituent un fer de lance de la sensibilisation au plan national et international.
Le nouveau pool média créé ce jour vise à instaurer un cadre de collaboration permanent avec les journalistes. Pour la direction générale, les professionnels de l’information sont des partenaires stratégiques pour promouvoir la solidarité nationale et garantir la transparence dans la gestion des ressources.
En renforçant ce dialogue, le FNLS espère transformer la perception de la lutte contre le VIH : d’un combat soutenu par l’extérieur à une cause nationale de santé publique, financée et portée par les Ivoiriens eux-mêmes.
AP/Sf/APA